Vente d’un local professionnel - exonération et plus-value

Guillaume Brun .

28 mai 2026

Exonération plus-value local professionnel : départ en retraite, valeur du fonds de commerce et recettes d'exploitation.

La vente d’un local professionnel peut dégager une plus-value importante, mais son imposition dépend d’abord du propriétaire, du régime fiscal de l’entreprise et de l’usage réel du bien. Je détaille ici les principales exonérations, les seuils applicables, le calcul de la plus-value et les vérifications à faire avant de signer la vente.

Les règles qui déterminent réellement l’exonération

  • Le régime fiscal dépend de la situation du vendeur, de l’inscription du local à l’actif et de son affectation.
  • Après 15 ans, l’abattement lié à la durée de détention peut exonérer totalement la plus-value à long terme d’un immeuble d’exploitation.
  • Une activité exercée depuis au moins 5 ans est généralement requise pour l’exonération fondée sur les recettes.
  • Les seuils de recettes sont de 250 000 € ou 90 000 € pour une exonération totale selon l’activité.
  • La vente d’un simple local ne bénéficie pas automatiquement de l’exonération prévue pour la transmission d’une entreprise.

Comparaison du calcul de la plus-value LMNP avant et après la réforme 2025, illustrant l'impact sur l'exonération plus-value local professionnel.

La première vérification concerne le statut du local

Avant de parler d’exonération, je regarde toujours un point très concret : qui vend le bien et dans quel patrimoine il se trouve. Un local inscrit à l’actif d’une entreprise individuelle ne relève pas du même régime qu’un local détenu personnellement et loué nu à une société.

Lorsque le bien est affecté à l’exploitation d’une entreprise soumise à l’impôt sur le revenu, la vente produit une plus-value professionnelle. C’est notamment le cas d’un artisan, d’un commerçant ou d’un professionnel libéral qui utilise son propre local dans le cadre de son activité.

Situation Régime habituel Exonération possible
Local inscrit à l’actif d’une entreprise à l’IR Plus-value professionnelle Articles 151 septies, 151 septies B ou dispositifs liés à la transmission
Local détenu par un particulier ou une SCI à l’IR et loué nu Plus-value immobilière des particuliers Abattements selon la durée de détention
Local détenu par une société soumise à l’IS Résultat imposable à l’impôt sur les sociétés Pas d’exonération générale liée à la durée de détention

La confusion entre ces trois situations coûte cher. Un local loué nu à une entreprise n’est pas automatiquement un immeuble d’exploitation pour le propriétaire. À l’inverse, un bien inscrit au bilan d’une entreprise peut être soumis aux règles professionnelles même si sa vente intervient au moment de la cessation d’activité.

Les principaux dispositifs d’exonération à connaître

L’exonération fondée sur le montant des recettes

L’article 151 septies du Code général des impôts peut exonérer totalement ou partiellement la plus-value lorsque l’activité est exercée professionnellement depuis au moins cinq ans. Le dispositif concerne principalement les entreprises individuelles et les sociétés de personnes soumises à l’IR, et non les sociétés soumises de plein droit à l’IS.

Les recettes retenues correspondent en principe à la moyenne hors taxes des deux années précédant la cession. Si plusieurs activités sont exercées, l’administration prend généralement en compte l’ensemble des recettes, et pas uniquement celles liées au local vendu.

Activité Exonération totale jusqu’à Exonération partielle jusqu’à
Vente de marchandises ou fourniture de logement 250 000 € de recettes 350 000 €
Prestations de services ou activité libérale en BNC 90 000 € 126 000 €
Activité agricole 350 000 € 450 000 €

Entre les deux seuils, l’exonération devient dégressive. Pour une activité de services, par exemple, le taux d’exonération se calcule ainsi : (126 000 € - recettes) / 36 000 €. Au-delà de 126 000 € de recettes, ce dispositif ne permet plus d’exonérer la plus-value.

L’abattement lié à la durée de détention

L’article 151 septies B vise les immeubles bâtis ou non bâtis affectés à la propre exploitation de l’entreprise. Il ne s’agit pas d’une exonération immédiate, mais d’un abattement de 10 % par année entière de détention au-delà de la cinquième.

Le mécanisme devient donc particulièrement intéressant après quinze ans. À ce stade, la plus-value à long terme peut être totalement neutralisée. Le délai se calcule en périodes de douze mois, et non simplement en années civiles.

Attention toutefois : cet abattement concerne la fraction à long terme. Pour un immeuble amortissable, la partie de la plus-value correspondant aux amortissements déduits peut rester à court terme et ne pas bénéficier de l’abattement dans les mêmes conditions.

La transmission d’une entreprise ou d’une branche complète

L’article 238 quindecies peut prévoir une exonération totale lorsque la valeur des éléments transmis, hors actifs immobiliers, ne dépasse pas 500 000 €. L’exonération devient partielle entre 500 000 € et 1 000 000 €, selon une formule dégressive.

Ce régime ne permet donc pas, à lui seul, d’effacer automatiquement la plus-value sur le local. Il peut en revanche s’appliquer aux autres éléments transmis, comme la clientèle, le matériel ou le droit au bail. C’est une distinction que je conseille de faire chiffrer séparément dans l’acte de cession.

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Le départ à la retraite du dirigeant

Le départ à la retraite peut ouvrir droit à une exonération de la plus-value sur la cession d’une entreprise individuelle ou de l’intégralité des titres d’une société à l’IR, sous conditions. Il faut notamment avoir exercé l’activité pendant au moins cinq ans, cesser ses fonctions et faire valoir ses droits à la retraite dans les deux ans précédant ou suivant la cession.

La plus-value portant directement sur les biens immobiliers est cependant exclue de cette exonération. Le local doit donc être étudié à part, même si la vente de l’entreprise bénéficie par ailleurs d’un régime favorable.

Comment calculer la plus-value sur le local

Pour une entreprise à l’IR, la plus-value correspond généralement à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable. Cette dernière tient compte du prix d’origine et des amortissements déjà déduits.

Prenons un exemple simple. Un local acheté 240 000 € est vendu 420 000 € après plusieurs années. Si sa valeur nette comptable est de 150 000 €, la plus-value comptable atteint 270 000 €.

  • 90 000 € peuvent correspondre à la fraction liée aux amortissements et relever du court terme.
  • 180 000 € peuvent constituer la fraction à long terme.
  • Si le local est détenu depuis 12 ans, l’abattement de l’article 151 septies B atteint 70 % sur la fraction éligible.
  • La fraction à long terme retenue après abattement serait alors de 54 000 €, avant l’application éventuelle d’un autre dispositif.

Cet exemple montre pourquoi le prix d’achat ne suffit pas pour estimer la fiscalité. Les amortissements, les travaux et la durée exacte d’inscription à l’actif peuvent modifier sensiblement le résultat.

Pour une entreprise à l’IS, la logique est différente. La plus-value est généralement intégrée au résultat ordinaire et taxée au taux de droit commun, souvent 25 %, avec un taux réduit de 15 % pour certaines PME et sous conditions. La durée de détention du local ne déclenche pas, à elle seule, une exonération comparable à celle prévue pour certaines entreprises à l’IR.

Le cas du local détenu dans le patrimoine privé

Un professionnel peut posséder un local en son nom propre sans l’avoir inscrit à l’actif de son activité. Si le bien est loué nu, par exemple à une société qui y exerce son commerce, la vente relève souvent du régime des plus-values immobilières des particuliers, et non du régime professionnel.

Dans ce régime, la plus-value est en principe soumise à 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avant les abattements applicables. L’abattement pour durée de détention augmente progressivement à partir de la sixième année.

Durée de détention Impôt sur le revenu Prélèvements sociaux
De la 6e à la 21e année 6 % par an 1,65 % par an
22e année 4 % 1,60 %
Après 22 ans Exonération totale Abattement poursuivi
Après 30 ans Exonération totale Exonération totale

Le régime privé peut donc devenir très avantageux avec le temps, mais il ne faut pas choisir l’inscription ou non du bien à l’actif uniquement pour rechercher une exonération. Les loyers, les amortissements, la protection du patrimoine et la fiscalité future doivent être examinés ensemble.

Les erreurs qui font perdre le bénéfice du dispositif

La première erreur consiste à regarder uniquement le montant de la plus-value. Or l’administration vérifie aussi la nature de l’activité, son ancienneté, le régime d’imposition et l’affectation du local.

  • Confondre une entreprise à l’IR avec une société soumise à l’IS.
  • Calculer les seuils sur le chiffre d’affaires de la seule année de vente au lieu d’utiliser la moyenne prévue.
  • Inclure dans le dispositif un terrain à bâtir ou un bien qui n’est plus affecté à l’exploitation.
  • Oublier les amortissements déduits, qui diminuent la valeur nette comptable.
  • Pens er que l’exonération de transmission couvre automatiquement la plus-value immobilière.
  • Attendre le jour de la signature pour reconstituer les factures de travaux et les justificatifs comptables.

Je recommande de préparer le dossier plusieurs semaines avant le compromis. Il faut réunir l’acte d’acquisition, les factures de travaux, les tableaux d’amortissement, les bilans et les justificatifs d’affectation professionnelle. Ces documents permettent de défendre le calcul si l’administration demande des explications.

Il faut aussi séparer la fiscalité de la plus-value des autres coûts de la vente. Les frais d’acte, la TVA immobilière éventuelle, les droits d’enregistrement et les conséquences sur le financement de l’entreprise répondent à des règles distinctes.

Le bon réflexe avant de fixer le prix de vente

La meilleure méthode consiste à établir au moins deux simulations : une avec le local vendu dans le cadre de l’activité et une autre avec le bien traité selon son régime privé, lorsque cette comparaison est juridiquement possible. Je vérifie ensuite si l’abattement de durée, l’exonération fondée sur les recettes ou un régime de transmission peut se combiner avec le reste.

Une exonération de plus-value sur un local professionnel n’est jamais automatique. Le régime fiscal du vendeur, l’usage du bien, la durée de détention et la structure de la vente déterminent le résultat. Faire valider ces quatre éléments avant de négocier le prix évite de découvrir, après la signature, une imposition bien plus élevée que prévu.
Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

L’article 151 septies peut s’appliquer si l’activité est exercée depuis au moins cinq ans. L’exonération totale concerne les recettes moyennes HT des deux années précédentes jusqu’à 250 000 € pour la vente de marchandises et 90 000 € pour les services ou activités libérales. Elle devient partielle jusqu’à 350 000 € ou 126 000 €, avec une exonération dégressive entre les deux seuils.
Pour un immeuble affecté à la propre exploitation de l’entreprise, l’article 151 septies B prévoit un abattement de 10 % par année entière au-delà de la cinquième année. Après quinze ans, la plus-value à long terme peut être totalement neutralisée. La fraction à court terme liée aux amortissements déduits n’est toutefois pas concernée dans les mêmes conditions.
Un local inscrit à l’actif d’une entreprise à l’IR relève généralement des plus-values professionnelles. Un local détenu personnellement ou par une SCI à l’IR et loué nu relève souvent des plus-values immobilières des particuliers, taxées en principe à 19 % et 17,2 % de prélèvements sociaux avant abattements. Dans une société soumise à l’IS, la plus-value est généralement intégrée au résultat ordinaire, sans exonération automatique liée à la durée de détention.
Non, la transmission d’une entreprise ou d’une branche complète ne permet pas automatiquement d’exonérer la plus-value immobilière. L’article 238 quindecies peut exonérer totalement certains éléments transmis jusqu’à 500 000 €, puis partiellement jusqu’à 1 000 000 €, mais les actifs immobiliers sont exclus de cette appréciation. Le départ à la retraite exclut également la plus-value portant directement sur les biens immobiliers.
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Guillaume Brun
Je m'appelle Guillaume Brun et cela fait maintenant 11 ans que je me consacre à décrypter les complexités du droit et des démarches administratives du quotidien. Mon parcours m'a naturellement amené à vouloir simplifier ces sujets souvent intimidants pour tout un chacun, que ce soit pour comprendre ses droits, naviguer dans les procédures ou résoudre les litiges qui peuvent survenir dans la vie de tous les jours. Sur actesconseils.fr, je m'efforce de partager des informations fiables et accessibles, en croisant mes recherches et en m'assurant que chaque explication soit claire et à jour, afin de vous aider à appréhender ces questions avec plus de sérénité.
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